L’interview de Nicolas Baldovini

Salut les designers ! #3

Nicolas Baldovini, directeur de l’expérience et du design chez lg2 qui a eu l’extrême gentillesse de passer 1h à partager avec nous la passion de son métier – Photo LunaWeb

Bonjour à tous et à toutes !

Pour ce nouvel épisode de Salut les Designers ! nous vous proposons de découvrir un entretien passionnant avec le charmant Nicolas Baldovini, directeur de l’expérience et du design au sein de la cellule web de l’agence lg2 de Montréal.

Réalisé en avril 2017 pendant Web à Québec, cet épisode revient longuement sur le parcours professionnel de Nicolas Baldovini, les méthodes de design de lg2 et la culture québécoise de l’UX.

Bonne écoute et bonne lecture à tous et à toutes !

Guillaume Genest : Bonjour à tous et à toutes, et bienvenue dans ce nouvel épisode de Salut les designers ! Un épisode un petit peu spécial puisque nous vous proposons aujourd’hui le pilote du podcast, réalisé en avril 2017 lors de Web à Québec, le plus grand événement numérique francophone d’Amérique du Nord. Sur place nous avons eu la chance d’échanger avec Nicolas Baldovini, qui a accepté de revenir avec nous sur son travail en tant que Directeur de l’expérience et du design chez lg2.

Alors bon épisode !

Guillaume : Déjà la première (question), c’est quoi un peu ton job et ton quotidien au niveau du boulot, qu’est-ce que tu fais en fait ?

Nicolas Baldovini : Ok, moi je suis Directeur de l’expérience et du design. Au niveau du rôle ça a changé, j’étais directeur UX il y a encore quelques semaines.

Pourquoi “expérience et design”, c’est parce qu’on a décidé de merger récemment les équipes UX et UI ensemble, et donc on a ramené en fait les directeurs artistiques puis les UX dans la même équipe, c’est pour ça que le titre a changé aussi. Ce que ça fait aujourd’hui c’est qu’on pense et on imagine qu’en ayant fusionné cette équipe-là, on va avoir un contrôle encore plus fort sur les produits qu’on crée.

Moi j’ai une formation à la base en communication et en design, beaucoup plus visuelle, finalement je suis allé vers l’UX vers les 6 dernières années, donc j’ai un peu le mix des deux. L’idée c’est d’avoir une équipe de création fusionnée, auquel on insère la stratégie aussi, que j’ai pas dans mon équipe personnellement, mais avec laquelle on collabore énormément.

Guillaume : Parce que du coup avant, il y avait des gens qui faisaient la conception en amont, l’architecture d’information, tout ça ?

Nicolas : Exactement, on avait beaucoup de recherche en amont, la recherche utilisateur, puis après le wireframing, puis après le design, puis après… C’était très silo. Comme je l’expliquais la dernière fois à la conférence, on peut peut-être revoir les modèles de conception. L’idée c’est qu’on reprend des paterns des studios design en Californie, ou sur la côte est. Peut-être parce qu’on a été quelques uns justement à travailler en Californie, et qu’on est revenu sur le marché à Montréal puis qu’on était un peu dépaysé ou en tout cas un peu déçu de la longueur des processus.

Donc on fait par exemple des ateliers de design, du design scénario, du sketch, etc, et on va extrêmement vite. On va sur des approches hyper rapides, on va très vite en conception, en prototype puis en design (graphique). On passe pas des heures et des journées sur des flows à checker. Une session par exemple de post-it pour de l’idéation là, ça doit prendre une heure, deux heures maximum, et ça doit rouler. C’est pas en fonction du budget des clients, mais parce qu’on veut vite rentrer dans le cœur de l’expertise, dans le produit, dans le service. Puis on trouve des fois qu’être dans la réflexion, dans le nuage entre guillemets, on est un peu déçu.

On essaye d’avoir des stratèges qui sont très UX au niveau de la pensée. Très marketing oui c’est vrai, pour les besoins et enjeux des clients, mais aussi très UX. Des fois si j’ai un UX qui n’est pas dispo, j’ai besoin qu’un stratège il aide, puis qu’il ne fasse pas forcément du wireframing, mais au moins de la réflexion, du flow, peut-être même du story-telling des fois, de le sketcher, de le raconter.

Il y a une phrase qu’on dit beaucoup chez lg2, puis c’est une phrase que vous verrez écrite sur les murs, c’est : tu peux aller jouer dans le carré de sable de l’autre, mais t’as pas le droit de partir avec ses jouets. C’est qu’en gros on encourage tout le monde à aller jouer dans les carrés de sable de chacun, le SEO, l’analytics, mais au final tu laisses l’expert décider. Donc on très comme ça dans l’approche.

Guillaume : Nous, notre cœur de métier c’est le web vraiment pur, entre guillemet. J’imagine que quand tu parles de produits et tout ça, ce sont des sites mais pas que des sites, ça peut être plein d’autres choses ?

Nicolas : Il y a un discours qu’on tient depuis le mois de janvier, même dans les pitchs qu’on réalise ou même dans les échanges avec les clients. Au début on s’était dit : “Ouf, on devrait pas dire ça !” mais finalement on y va, on est très clair là dessus. On dit beaucoup en ce moment que les sites web, les applications, ce sont devenus des commodités pour les clients.

Alors c’est assez intense de dire ça parce ce que c’est quand même au niveau argent et budget ce qui nous fait vivre, mais on est pas du tout une agence qui trip si je peux dire, ou qui a des délires à faire des objets connectés, ça je veux vous rassurer. Mais on croit beaucoup dans l’experience design, c’est à dire de réinventer des modèles tout à fait traditionnels.

Je vais prendre un exemple, on a un compte important comme la Cage, brasserie sportive, qui est une chaîne de restaurants. C’est, comment on réinvente la restauration de demain : comment on insère la notion de e-sports, de jeux en ligne dans un restaurant comme celui-là ? Est-ce qu’on en diffuse ? Est-ce qu’on diffuse du hockey, du soccer ? Ok, parfait (parce que tu sais, c’est le soccer ici, qui est le foot pour nous), est-ce qu’on diffuse du foot ? Ok on peut en diffuser, mais pourquoi on diffuserai pas du e-sports ? Parce que ça s’impose comme être une nouvelle tendance. Est-ce qu’on réinventerai pas l’entrée dans le restaurant, le “pendant” la consommation et le “après” ?

On est très dans une approche “avant / pendant / après”, mais très très pragmatique, avec les enjeux d’affaire, le temps que la personne a, je pense que vous connaissez un peu ça.

Puis je sais que les méthodes, j’ai travaillé à Paris, il y avait un degré, je trouvais, de qualité dans les travailleurs UX à ce moment là très important, qu’on retrouve peut-être moins en Amérique du nord, parce que justement on s’attarde moins aux détails. Je pense qu’il faut un peu balancer ça. Tu sais j’ai travaillé avec des UX à Paris sur la SNCF par exemple, c’était des story flow, avec un travail de qualité au niveau des temps d’attente. J’ai travaillé sur l’application qui est live actuellement de la SNCF, je sais pas si vous l’utilisez là, mais le côté un peu “avant / pendant / après”, etc, etc, etc.

Damien Legendre : Et tu as travaillé avec qui à Paris ?

Nicolas : Chez Nurun en fait. J’étais à l’agence Nurun, c’est 14 bureaux dans le monde entier, 200 employés à Paris, et les comptes principaux en France c’était EDF, la SNCF, Adidas et Heineken.

Damien : Des grands comptes quoi.

Nicolas : Oui, c’était des très grands comptes. Puis j’ai travaillé aussi sur un compte social, c’était au niveau du recyclage, etc, mais j’ai plus le nom en tête. Mais généralement c’était des gros comptes, mais c’était que numérique. Nurun c’était l’agence digitale, design thinking à fond, très IDEO, très ça en fait. Très UX, très très UX.

Guillaume : Et vous allez jusqu’à la fabrication, le développement et tout (chez lg2) ?

Nicolas : Oui, on a le développement en interne, on a une équipe de développeurs, on a du back-end, du front-end, vous les verrez jeudi, on a 17 personnes en développement, ce qui est quand même pas mal. On maîtrise tout le cycle de développement si c’est ça la question, de A à Z, jusqu’à la QA (Quality Assurance), puis la mise en marché.

Ensuite ce que l’on a depuis un mois, vous allez sans doute les croiser les trois, on a créé une espèce de petite unité qu’on a appelé “concepteur créativité technologique”, c’est leur terme. Puis eux ils servent à quoi concrètement, déjà c’est trois seniors, ils ont une grosse expérience de travail, minimum 10 ans.

Le premier si vous voulez, c’est un DA, un ancien de chez Moment Factory. Je sais pas si vous avez entendu parler de Moment Factory, c’est l’une des meilleures compagnie au Canada, voir l’une des meilleures aux états-unis confondues. C’est eux qui sont dans tout ce qui est sensoriel, interactif, les grands festivals. Un événement comme le Super Bowl, ils l’ont réalisé deux fois. Ils sont basés à Montréal, ils font aussi les shows de Madonna, tout ce qui est projections, travail, connexions, c’est incroyable. Si un jour vous avez l’occasion de revenir au Québec en été, il y a quelque chose qui s’appelle Foresta Lumina, si vous voulez le voir là, le site web est magnifique, c’est tout un parcours qui a été pensé très UX, c’est un parcours que tu vis physiquement. Tu te balades dans une forêt enchantée, et quand tu arrives, le nombre de personne que nous sommes génère des couleurs, du son différent. Si tu arrives à 15 devant un arbre, il prend feu, mais en illumination. C’est une des grandes compagnies dans le monde, ils font des spectacles pour le Cirque du Soleil, puis lui c’est un ancien de Moment qu’on a recruté. Donc c’est un DA complètement… complètement fou dans l’idéation, la création. Il a fait des sites web dans sa vie ou des apps, mais lui il pense vraiment que l’expérience elle est en dehors de l’écran.

Ensuite on a un gars dans cette équipe là de trois qui est un développeur full-stack, qui fait à la fois le back-end et le front-end. C’est 15 années d’expériences, c’est aussi un architecte technologique.

Et le dernier c’est un concepteur beaucoup plus traditionnel si je peux dire, un gars plus de concept comme on voit en pub mais très très alimenté par le numérique. Un gars même de l’édition, il a travaillé dans des journaux.

On a mis les trois ensemble, puis les trois sont chargés de nous alimenter, de nous pitcher des idées. Donc on a des clients, ils ont juste le nom du client, ils voient Hydro-Québec par exemple, qui est le EDF Québécois. On pense pas au site web, c’est comment on va inventer l’objet dans la maison de demain pour travailler. Puis eux leur but, ils sont non-facturables, Je ne sais pas si vous êtes à l’aise avec cette notion là, ils sont non-facturables mais l’idée c’est qu’ils se rendent facturables. Donc ils vont pitcher sans qu’on ait des pitchs, ils travaillent les clients en in-biz, à l’intérieur, leur but c’est de pitcher des idées, ils les écrivent, ils les mettent en forme, on essaye de les sketcher un peu, et si on peut les réaliser, on prend un budget et on les réalise.

Donc ça c’est tout récent, ça fait un mois, c’est très agressif, financièrement on pouvait le faire parce qu’on avait une stabilité, faut avoir une stabilité quand même pour avoir trois gars à fond là dessus. Puis ce qui est génial là dessus c’est qu’il n’y a pas vraiment d’UX mais ce qui est drôle c’est que ce qui les réunit c’est la passion qu’ils ont pour l’UX. Ils ont des connaissances là dessus, puis pour être trois comme ça, faut quand même que tu ais une passion pour l’UX.

Damien : Ils travaillent l’expérience au niveau global finalement ?

Nicolas : Oui, puis c’est des gens très concrets, ils vont toujours se demander si ça a une utilité pour le client et ils vont toujours se demander si c’est une bonne chose. C’est pas des gars qui vont triper, qui vont te faire un concept pour juste faire un écran tu sais, c’est pas leur délire.

Damien : Du coup pour ça, est-ce qu’ils rencontrent déjà à ce moment là des utilisateurs pour essayer de… Ils sortent du bureau quoi ?

Nicolas : Oui, si ils ont la nécessité ou la volonté de rencontrer, ils sortent du bureau. Il peuvent aller se promener, faire des interviews, et il est fort possible par exemple que sur un client comme la Cage, ils aillent s’asseoir en mode shadowing sans parler à personne, ils observent le monde. Ils observent par exemple des serveurs, comment ils font…

Damien : Sans être annoncés quoi ?

Nicolas : Non, ils ne sont pas annoncés, ils font les clients mystères. Ils regardent comment les serveurs scannent les cartes dans le processus, parce que ok tu as une carte de fidélisation, mais est-ce qu’ils la scannent au début, avant de reconnaître la personne ou est-ce qu’ils la scannent à la fin, quand la personne paye la facture ? Mais si ils la scannent à la fin, ils connaissait pas le prénom au début, ils ne pouvaient pas te dire “Bonjour Guillaume”, ils étaient pas capable de le faire. Donc la personnalisation ils la font seulement à la fin, est-ce que ça sert à quelque chose ? Non, ils faut qu’ils la fassent au début, donc comment on fait pour leur créer un outil pour les aider ?

Ça va loin, mais il faut avoir des clients ouvert à ça. Et puis la chance que l’on a là, c’est le marché au Québec, en Amérique du nord, c’est une des raisons pour lesquelles moi j’ai décidé de partir, de travailler ici. Je trouvais que le marché en France était très, très compliqué pour ça. Quand j’ai travaillé sur la SNCF, c’était très politisé, très long, très compliqué, il fallait passer des paliers. Puis j’ai présenté à Guillaume Pépy à l’époque la version finale de l’application, qui était président de la SNCF, je ne sais pas si il l’est toujours, fallait passer six étapes pour se rendre au CEO, ce qui est très très long.

Alors qu’ici, on a des CEO, on rencontre des CEO, on leur présente des choses directement comme ça quoi. Il y a moins de paliers hiérarchiques, donc tu convaincs beaucoup plus rapidement.

Guillaume : Il y a le côté palier hiérarchique, mais il y a aussi parfois le trop plein de personnes qui décident quoi. Dans des moments de réunion ou tu as dix personnes, tu ne sais même pas ce qu’elles font, l’impression qu’ils font tous en double le même métier…

Damien : C’est la limite de la délégation quoi des fois…

Nicolas : Je pense qu’on est bien d’accord tous les trois. Il y a des fois au Québec, il y a des choses intéressantes, il y a des choses à revoir. Mais je pense qu’on ne va pas se cacher que la France, on est un pays très fonctionnaire, dans le sens, quand je dis fonctionnaire on a une mentalité très, on est beaucoup dans les processus, etc. Puis les américains ou les californiens, là ou ils sont très forts…

Pour vous donner une idée, l’autre soir on a mangé, on était avec un américain, on l’a amené, l’un des gars de la masterclass (de Web à Québec) qui est un ancien de Frog Design. Je ne sais pas si vous avez entendu parlé de ce gars là, il était là lundi tout seul. Il nous est arrivé une histoire de fou, on a halluciné. On s’inscrit à une masterclass, c’était lundi après-midi, c’était le gars qui faisait la voiture autonome, il s’appelle Ignazio Moresco. Puis moi j’étais au bureau il y a deux mois quand j’ai vu sortir, et j’étais avec un gars de mon équipe et il me dit : “Nico, j’aimerais y aller”, je lui dis : “Écoutes, on va regarder combien c’est. C’est 100 Dollars, écoutes on va le prendre, on va prendre deux billets et on va y aller, on dormira la nuit d’avant, comme ça on sera sur place pour le mardi”.

Et il me dit, je regarde le gars : “Mais attend il est hyper connu, il était chez Frog !” et puis je connaissais le nom. Là je me dis : “on va réserver vite, il va y avoir du monde”. Lundi après-midi on arrive, il y avait le UX qui est dans mon équipe et moi, on était assis tous les deux, et le gars en face de nous. Il dit : “ bon ben c’est l’heure de commencer”, là il y a une fille qui arrive, un autre gars qui arrive. Ils s’assoient. Là je me dis c’est pas possible, il y a 40 places, on est 4, le gars c’est un ancien de Frog Design, c’est actuellement le VP (vice-president) design chez Matter, puis il travaille actuellement pour la nouvelle voiture de Mercedes, la voiture autonome de Mercedes-Benz. Et puis là il y a Bertrand du WAQ, Bertrand Lirette, je ne sais pas si vous lui avez parlé, qui est un des organisateurs, il vient me voir et je lui dis : “Bertrand, pourquoi on est 4 ?” et il me dit : “Nico, c’est parce que c’est en anglais, les gens ne sont pas venus, personne ne s’est inscrit”.

Et puis le gars ça ne le dérangeait pas du tout, il nous a fait toute la présentation, il nous a fait la masterclass, c’était incroyable. Et le gars, un gars qui vit à Montréal mais qui est originaire de Nancy (la fille était de Laval, ici au Québec) et on discutait avec le gars, le français, on a été teamé ensemble et ils ont mis le UX de mon équipe avec l’autre fille. On discutait tous les deux et il me dit : “regarde, regarde comment il travaille”. En 5 minutes il nous a présenté ce qu’on allait faire, 5 minutes après il nous a dit : “voilà ce qu’il va se passer”, puis au bout de 15 minutes on était déjà dans le pratico-pratique, dans la voiture.

Et puis la manière de travailler, même pour nous c’était choquant, il a dit : “tu peux travailler à 2-3 personnes, pas plus, 2-3 personnes. Tu fais ça, ça, puis tu présentes à 2-3 clients”. Hyper rapide, le flow hyper simple. On a finit à la fin, on avait des choses concrètes au bout de 3 heures : des dessins, des sketchs, des flows. Puis il nous a dit à la fin : “ça vous pouvez le présenter à un CEO, vous pouvez vendre ce type de projet à n’importe qui”. En 3 heures.

Guillaume : Ok. Et du coup, par rapport à, quand vous êtes dans cette démarche de conception, etc, est-ce que vous incluez les développeurs, les profils plus techniques pour avoir cette unité là ?

Nicolas : On a un jargon québécois, on dit “la planif’ à quatre”. La “planif’ à quatre” c’est qu’on travaille à quatre, cinq personnes. Si on est six il y a un problème. Si on est vu dans une salle à six personnes, ça peut arriver qu’il y ait un associé qui ouvre la porte, qui dit : “tu es là pour prendre un café ?” en blague là, “t’es là pour prendre un café, pour discuter avec eux ou il y a une raison pour qu’il y ait un sixième ?” Si on amène un sixième, ça veut dire qu’on appelle ça dans notre jargon, entre nous on appelle ça “on amène le +1”. C’est souvent celui qui va te perturber dans le brainstorm, la personne qui sort de nulle part. On peut carrément appeler un DA qui fait de la publicité télé, pour complètement balancer l’équipe. Mais généralement on est quatre ou cinq maximum. Si on est plus que ça c’est qu’il y’a un enjeu. Ça veut dire quoi, qu’on a un développeur, on a un service conseil, qu’on a un UX, qu’on a un DA et éventuellement de la stratégie. C’est comme ça qu’on travaille.

Et puis si on est beaucoup plus ? Les kick off, ouais, il n’y a pas de problème. Les kick off on est beaucoup plus. On est peut-être douze, treize. Il y a peut-être même le Directeur de compte qui est là pour parler du truc.

Par contre c’est vrai qu’on est très ouvert, mais à un moment donné quand le travail part, ça part.

Guillaume : Du coup ils sont sensibilisés les développeurs, sensibilisés à cette logique, à cette culture là de l’UX ?

Nicolas : Oui, les développeurs sont très à fond là-dessus. Ils n’ont pas tous le même niveau et le même skill, mais ils sont très content d’être sur le processus au départ. Ils amènent des idées. On a des méthodes. La culture, le travail comme c’est ici en Amérique du Nord, fait que tout le monde s’exprime beaucoup, beaucoup donnent leurs avis, le développeur s’intéresse.

Bon, il y a un développeur grincheux là, comme on connaît partout, qui est dans son coin, avec sa casquette, avec des écouteurs, il faut pas trop lui parler. On n’en a, mais c’est drôle. Mais quand il est rendu le temps de faire l’idéation, on leur donne la chance de parler. En gros c’est ça, tu as la chance de parler. Si tu parles pas là, tu te tais à jamais. Tu avais la chance de parler mais si tu ne l’as pas prise, tant pis.

Par contre c’est vrai qu’on est très ouvert, mais à un moment donné quand le travail part, ça part. Dans le sens que ça ne traîne pas trop. Ça c’est quelque chose qui est très important.

Puis les développeurs on les intègre beaucoup dans le flow, on fait des ateliers, on fait des Lunch and Learn, beaucoup…

Guillaume : C’est quoi ça ?

Nicolas : C’est “Lunch” puis “Learn”, c’est manger et apprendre. On invite des gens de l’industrie, des gens qui ne sont pas des clients, d’autres qui sont des clients. On essaye d’en inviter six par année, donc une fois tous les deux mois, de faire un midi, on invite du monde puis ils racontent leur entreprise.

Je ne sais pas si vous avez vu les taxis verts et blancs à Montréal, électriques, c’est Téo Taxi. Uber a été interdit quelques temps ici (au Québec), finalement ils sont revenus mais avec des grosses restrictions, des grosses lois du gouvernement québécois. Pendant ce temps, il y a une compagnie québécoise qui s’est créée via un millionnaire québécois qui s’appelle Alexandre Taillefer. Il a monté une compagnie qui s’appelle Téo taxi, c’est la compagnie dont je parlais dans la présentation.

J’ai expliqué le moment mémorable d’avoir eut une Tesla. On se battait tous pour avoir la Tesla ! Parce que de base, ils ont la Kia en électrique, ils ont la Nissan Micra Électrique et il y avait cinq Tesla, au début quand cela a commencé. C’était le bazar quand on avait la Tesla, donc photo Instagram, Twitter ! Aujourd’hui il y a une quarantaine de Tesla qui roulent, puis ils ont beaucoup plus de voitures, ils ont une flotte de 200 véhicules. Et tu as une application mobile qui est super bien faite, je peux vous montrer. Et puis à Montréal, on l’utilise pratiquement, en agence on l’utilise pratiquement tous.

Par exemple l’un de mes meilleurs amis qui est aussi mon collègue à San Francisco, il est aujourd’hui directeur du produit (chez Téo). Il a quitté San Francisco après avoir travaillé sur Tesla tu vois, il n’est pas là Québec, il est à Montréal tu vois, c’est le directeur du produit à Téo. Il est en charge de tout, puis c’est un ancien UX designer, mais aussi il a été DA.

Tu sais l’app, elle a était faite comme Uber, mais elle est super, elle fonctionne super bien puis on l’utilise tous ici. Et puis à l’intérieur, c’est l’expérience dans la voiture parce que tu as un écran à l’arrière pour le passager, tu as un écran pour le taxi man puis à l’arrière tu vis vraiment une expérience, tu peux découvrir des choses sur la ville de Montréal, les attractions touristiques. Si vous avez l’occasion, essayez la, en tant que touriste tu peux la télécharger, vous faites une ride en Téo. En plus vous allez voir comme les chauffeurs sont sympas. C’est parce qu’il y a un service à la clientèle vraiment top niveau…

Guillaume. : Ils se sont remis en cause sur le côté taxi.

Nicolas : À fond. Et puis il y a quelque chose d’extraordinaire, d’ailleurs en France j’ai vu l’actualité et puis les Échos en ont parlé, c’est que les taxis sont rémunérés. Ils sont payés 15 dollars de l’heure, ce qui est quand même un bon salaire. Ici le salaire minimum c’est 9,50 dollars, ils sont payés 15 dollars de l’heure, ils ont des assurances, ils ont des vacances. Parlez de ça à un taxi en France, il hallucine. C’est-à-dire qu’ils ont un revenu fixe, ils reçoivent du pourboire, si tu veux leur laisser sur l’application, ils ont des vacances, puis ils ont la possibilité de prendre des vacances avec leurs familles etc. Ça a fait un énorme buzz quand c’est sorti parce que ce qui était dit ici, c’est que le taxi n’avait jamais l’occasion de prendre Noël en famille, des vacances. Ils ont les jours fériés aussi donc c’est quelque chose d’assez extraordinaire. Donc c’est un bon modèle.

Puis on invite des gens comme ça pour raconter des histoires qui vont changer quelque chose. Des fois ce sont des Américains, des fois ce sont des Canadiens, des fois ce sont des Québécois. On a pas de cachet, je n’ai pas de cachet en terme de budget, c’est moi qui m’occupe de ça mais c’est un échange de bons procédés. Si on rencontre quelqu’un à une conférence, par exemple Ignazio en question, pur hasard, il revient travailler, il part de San Francisco mi-mai, il vient travailler à Montréal pour le Cirque du Soleil, il y a un gros spectacle. On a mangé avec lui on lui a dit : “Tu veux venir à notre Lunch and Learn en Mai ? Pas de problème les gars, je vais être là”. Donc toute l’équipe disait : ”c’est trop bien, dieu va rentrer dans la place (rire)”. C’est vraiment une machine. Puis il a dit : “Je vais venir, mettez-moi le bureau comme vous et puis après ça, je vous fais un atelier, je vous explique un peu la voiture autonome, comment on la construit pour Mercedes ”. Là ça va être un Lunch and Learn, je pense que tout le monde va venir, que les gars de la publicité vont venir aussi.

Damien : Pour les Lunch and Learn si j’ai bien compris, vous faites toujours venir quelqu’un de l’extérieur ?

Nicolas : Toujours toujours, parce que l’échange interne, on appelle pas ça Lunch and Learn. On les fait le midi, quand on joue, on mange ensemble. On mange beaucoup ensemble puis ça c’est la réalité que moi j’adorais en France, puis qui est moins ici : on prend des lunch très court, donc moi je ne lunch même plus. Je lunch à mon bureau ou à la cuisine, ça dure 30 minutes. Ce que j’ai aimé quand j’étais à Paris, on prenait 1h30, on discutait de la vie, on parlait de pleins de choses, on discutait de plein de choses. Là c’est moins cette culture là, tu es moins dans l’échange. Le midi tout le monde travaille, beaucoup mange au bureau, tu ne passes pas genre une heure à discuter à la place.

Guillaume : Ils partent plutôt le soir ?

Nicolas : Oui ils partent beaucoup plus tôt. Moi à 17h15, 17h30, j’entends les oiseaux chanter dans le bureau. Ah oui, il y a personne, ça résonne ! Mais c’est comme ça, c’est la structure ici. Alors que quand j’allais à Paris, à 20h on était encore en train de cloper pour certains devant le bureau puis on rentrait chez soi à 21h30. J’allais bosser chez eux pour deux semaines, je faisais des voyages, puis quand mes collègues ils venaient, on les faisait venir de Paris, ils arrivaient à Montréal, ils se disaient : “qu’est-ce que c’est que ça, on rentre à l’hôtel, il est 17h30 ?”.

Damien : Du coup les gens échangent un petit peu moins personnellement ? Parce que des fois on peut s’enrichir, partager ses boulots, partager des choses perso ?

Nicolas : Les Québécois c’est long de devenir ami avec lui. Quand tu l’es c’est solide, mais c’est long, il y a peu d’échanges. Enfin je ne veux pas faire de généralités, il y en a quelques uns avec qui je suis ami. Ça fait 10 ans que je suis ici moi, j’ai des amis québécois, j’ai beaucoup d’amis québécois, j’ai pas de problème de l’expliquer. J’ai une équipe, je les vois aller. J’ai des Français et j’ai des Québécois dans l’équipe, puis il s’entendent super bien, ils rient beaucoup. Tu vois là, sur les neufs, il y en a trois qui sont français, six québécois, ils s’amusent, ils rient et il s’entendent super bien, mais ils ont appris à se connaître. Mais tu vois souvent, par exemple les trois Français, ils se tiennent beaucoup ensemble. Les six de l’autre côté, même si ils rigolent, ils se mixent ensemble, ça reste quand même… Tu vois par exemple hier, les Français : “on sort ? on sort ? Non, on reste relaxe, il est 1 heure, on va se coucher.” Ben les trois français sont allés au pub (rires), ils ont fini au pub. Tu sais (le français) c’est un des plus fêtards, culturellement on est plus fêtard, on parle plus, on discute plus, on parle de plein de choses, on est motivé. Ils sont beaucoup plus relaxes. C’est plus comme les Britanniques. Très britannique, très slow, c’est ça. Il faut être honnête c’est un britannique qui parle français là, beaucoup, cartésien.

Parce qu’au Québec, ils ont mis des années avant de créer des formations UX. Aujourd’hui ils s’y sont mis.

Guillaume : Oui c’est ce que quelqu’un nous disait lundi justement, ce ne sont pas vraiment des Français, c’est plus une culture anglo-saxonne.

Nicolas : Oui oui. Moi j’enseigne à Montréal. J’enseigne dans deux formations. Ce qui est quand même très grave pour un marché hyper important en UX parce qu’il y a beaucoup de UX designers puis c’est la folie aujourd’hui, c’est le marché. Il commence… il est fermé clairement. Mais il y a cinq ans moi, quand j’ai vu des amis arriver des Gobelins, ou de formations en France, ils ont ravagé le marché. Ils avaient tous les postes parce qu’ils avaient la vraie formation. Parce qu’au Québec, ils ont mis des années avant de créer des formations UX. Aujourd’hui ils s’y sont mis. Moi j’enseigne dans les deux. Une vraiment beaucoup souvent, une autre j’interviens. Mais ça a mis des années avant que quelqu’un se mettre à faire ça. Puis c’est le HEC qui a fait une formation. Imaginez l’école HEC qui a fait une formation UX ! (rires)

Damien : Et c’est quoi le contenu de tes cours en UX ? Qu’est-ce que tu transmets à tes étudiants ?

Nicolas : J’ai plusieurs cours au niveau UX, un des cours que je fais depuis trois ans de manière régulière. Il y a un cours que je fais au niveau UX et design au sein d’une entreprise, donc c’est très pratico-pratique, c’est la réalité d’un brief, c’est quoi un brief client. Il y a des étudiants là, c’est quoi un brief client, c’est quoi un brief d’un service conseil. C’est-à-dire, la traduction, on va dire c’est quoi les processus qu’on met en place. Comment on travaille, comment on interagit avec un stratège, comment un UX interagit avec un UI, comment tu interagis avec un développeur. Un peu les méthodes de travail, les outils aussi, comment prototyper.

Donc c’est très lg2, je ne vais pas vous le cacher là, puis on était obligé. Tu peux avoir des cours neutres, mais on est obligé d’avoir des cours qui teintent. Moi ce que je veux, c’est que ce soit pratico-pratique. J’invite des clients à ce cours là, chaque année. Donc le client il arrive, il explique ce qu’on fait clairement, comment on travaille, il explique comment on collabore. Puis parce que ce que je veux montrer la réalité, j’ai un de mes meilleurs amis qui vit dans une autre agence, il est dans une agence concurrente. Lui il fait tout ce qui est UX mais en terme d’ergonomie. Mais moi ça ne me tentait pas de faire ça, les règles de Bastien & Scapin, Nielsen et compagnie, ça va, je respecte, mais je lui ai déjà dis, mais moi à l’école je m’endormais en les entendant. Donc on le sait, c’est utile, mais à un moment, moi c’est peut-être mon délire perso, mais je trip plus à leur faire montrer le côté professionnel, la réalité des projets que leur parler de l’histoire de l’UX, de l’ergonomie, de l’aspect psychologique de la chose, la réflexion, l’interface-humain-machine, les IHM…

Damien : Tu leur parles plutôt de ce qui t’arrives toi tous les jours…

Nicolas : Oui oui plutôt. Ça c’est un cours que je donne de manière redondante. Un autre cours que que je donne, avant c’était une introduction à Axure, maintenant une introduction à Sketch. Ça c’est vraiment le cours d’école, c’est trop drôle. Ils sont avec des ordinateurs et puis c’est : ok, comment tu apprends Axure, comment tu apprends à utiliser sketch maintenant. Donc ça c’est le cours assez drôle.

Damien : Vous faites tout le prototyping sur Sketch maintenant ?

Nicolas : Maintenant on est sur sketch. On est sur Sketch, Zeplin, Freehand pour les commentaires. Puis maintenant on est relié même, je me rappelle plus l’add-on ou le plug-in pour développeurs là, qu’ils ont pluggé les gars, il y a carrément des développeurs qui codent avec un bout d’add-on sur Sketch directement.

Damien : Ah oui ?

Nicolas : C’est depuis trois semaines ou deux semaines, je n’ai pas vu en détail ça. Comme au mois de mars j’étais à South by Southwest, l’équipe je ne l’ai pas vu pendant 10 jours je sais qu’ils l’ont installé quand je n’étais pas là, ils vont me le montrer, ça peut être intéressant. C’est intéressant Sketch. Vous, vous avez switché là-dessus ?

Damien : Oui, par contre Freehand je ne connais pas.

Nicolas : C’est un des plugins, c’est vraiment cool, nous on l’utilise pour diffuser aux clients le projet et il peut faire des commentaires dessus. C’est vraiment cool, vraiment très cool pour les commentaires.

Guillaume : Mais ça te permet de visualiser en gros les écrans, un peu à la InVision ?

Nicolas : Oui justement c’est relié à InVision. Puis le module est vraiment bien fait pour mettre les commentaires là, tu peux entourer les choses tu peux écrire à côté, c’est hyper cool, ça a un rendu super beau.

Damien : Ok, ben à noter, ça peut être intéressant.

Guillaume : C’est vrai que depuis cette semaine (à Web à Québec), c’est quelque chose que j’ai un petit peu remarqué, quand tu parlais d’ergonomie et d’IHM, c’est vraiment les trucs un peu comme on voit l’UX en France tu sais. Aujourd’hui il y a Flupa et tout ça, il y a des professionnel que l’on rencontre, c’est souvent des gens qui sont plus dans le côté psychologique, les tests, les enquêtes. Et en fait ce que j’ai vachement apprécié de toutes les conversations que j’ai eu, les conférences par rapport à ça, c’est que vous, vous mettez le côté émotionnel vachement…

Nicolas : Oui j’ai vu ton Twitter, j’ai vu ton tweet. Je l’ai relayé puis j’ai souri parce que je me suis dit que tu faisais le constat. “Première constatation”, tu as écrit : “ici ça parle d’émotions, d’humain”. C’est comme « vite vite, ok, on passe au design… ».

Guillaume : Et j’ai trouvé que c’était… Je trouve que c’est vachement stimulant en fait, parce que quand tu rencontres des gens qui font la guerre entre les ergonomes, qui te disent oui les UX ça nous pique notre boulot ou alors vous n’avez pas de légitimité machin et toi tu essaye juste de leur dire, ben que tu essaye de faire un produit pour que les gens ils aient un quotidien qui soit mieux, plus agréable, que ça leur rendre un service. C’est vraiment deux visions différentes en fait quoi, c’est hallucinant.

Nicolas : Mais c’est bon que vous l’ayez, j’ai vu ton tweet, ça m’a fait sourire dans le sens que je trouvais que c’était vrai et puis moi j’ai vécu les deux. J’ai eu la chance de baigner dans les deux, j’ai eu la chance de retourner en France puis de pouvoir… J’avais appris mon métier ici puis j’étais heureux de pouvoir… Je suis arrivé il y a 11 ans donc j’ai appris ici puis quand je suis retourné (en France) il y a 7-8 ans, j’ai pu voir le métier comment on le vivait en France. J’ai trouvé ça vraiment agréable là. Par exemple dans la délégation de France, il y a quelqu’un qui s’appelle Elie Sloim, et bien c’était mon prof, il m’a enseigné à Limoges. Je n’ai pas pu le rencontrer, j’ai pas pu le croiser, on s’est jamais vu (à Web à Québec)…

Damien : Et bien il part tout à l’heure en plus, on vient de le voir…

Nicolas : Ah ok, et bien j’aurais aimé le voir et le saluer puisqu’il m’a enseigné il y a 12-13 ans à la faculté de Limoges.

Guillaume : Oui on l’a pas mal croisé depuis notre arrivée effectivement.

Nicolas : Puis lui c’est un exemple, quand il m’enseignait sur le campus à Limoges je… (rires), les profs étaient hyper dans le… ça planait. Et puis je suis arrivé ici, c’était comme : “Ok, tu redescends des nuages, puis sois concret !”.

Ici c’est toujours ça, les profs ici c’était toujours : “sois concret, sois concret, fais les choses design, ça sert à qui, ça sert à quoi, ok, fais”. Tu aurais vu la masterclass de l’Américain lundi, c’était stressant ! Il était derrière nous pour sketcher, il était comme ça (Nicolas claque des doigts 3 fois) : “ok, more, more, more, du dessin, vite, vite, vite” parce qu’il disait “c’était à l’exécution rapide, c’est pas en prenant ton temps… Sketch, imagine, associe les mots, fais des choses, fais !” il était à fond, il était excité, nerveux. Parce qu’il était comme : “produis, produis, ça va arriver et l’idée va sortir, associe les choses, fais les choses !” Puis c’est des méthodes…

Guillaume : Plus d’effervescence…

Nicolas : Plus d’effervescence ouais et puis travailler ensemble, parler, parler. Un moment donné j’ai pris ma feuille, j’ai commencé à sketcher sur le côté. L’autre, il sketchait de l’autre côté. “Non ! Stop ! Stop ! Ensemble, travaillez ensemble, ok”. Et c’était vraiment impressionnant parce que…

Damien : C’est surtout comme ça qu’on fait dans la réalité.

Nicolas : Ouais, par contre lui il pouvait se permettre de le faire. Moi ayant travaillé en Californie j’ai travaillé avec des équipes. J’ai eu un choc en France et j’ai eu un choc en Californie. En Californie… Autant en France quand je suis arrivé je me suis dit : “j’aime bien les méthodes qu’on a au Québec, je vais pouvoir les réexpliquer” autant en Californie je me suis senti nul ! J’ai mis trois mois avant d’attraper le train, je me trouvais ridicule. Parce que c’était pas le niveau, c’était pas les skills, c’était leur manière de travailler qui était vraiment en avance.

Guillaume : Et donc si je comprends bien tu as fait une partie de tes études ou une formation ici ? Et tu es revenu en France ?

Nicolas : Nan à la base j’ai travaillé chez Nurun à Montréal, et puis Nurum à Montréal, à ce moment là c’était, le réseau était de 14 bureaux, puis ils m’ont demandé si je voulais voyager, puis moi je leur ai dit : “oui oui, je veux voyager, je veux apprendre l’anglais” je n’étais vraiment pas bons en anglais, puis ils m’ont dit : ”ben… tu peux aller en France” (Rires). Mais je leur ai dit : “comment je fais pour apprendre l’anglais ?” et ils m’ont dit : “bon ben tu vas aller un peu, tu vas aller un peu à Toronto” donc je suis allé à Toronto, San Francisco, beaucoup beaucoup, puis après je suis allé à Paris et à Paris ça été des pitchs pour l’Allemagne, Adidas, Heinekken en Hollande, puis la SNCF en France.

Puis j’ai beaucoup voyagé dans le réseau pendant cinq ans, j’ai fait beaucoup d’aller retours et après ma copine, elle, a été à San Francisco. Elle avait quitté Montréal pour San Francisco et là j’ai demandé à ce qu’il me déporte complètement donc je suis resté là-bas pendant un an, à San Francisco. Puis j’ai travaillé pendant un an, puis 2 fois 6 mois.

Six mois sur Tesla pour penser le concessionnaire auto. Puis c’est la première fois de ma vie que je faisais un projet qui n’était pas Web, qui n’était pas applicatif. On m’a dit : “ok tu oublies ça, le Web c’est à la fin” on avait toujours cette discussion là, le directeur de création il me regarde il me dit.. moi je dis : “on fait quand le site Web ?”, “non non, d’abord tu vas aller faire, on va aller faire le flow, on va aller faire du shadowing et on va aller regarder comment les gens achètent une voiture chez Tesla. Ensuite, on va aller parler avec le marketing et le consommateur, puis on va voir à quel moment tu veux présenter la Tesla”. J’ai expliqué à la conférence.

Puis la Tesla, moi j’arrive, je me rappellerai toujours : “pourquoi la voiture elle est pas dans l’entrée ? Parce que dans tous les concessionnaires, ils mettent la voiture à l’entrée ?”, “non la voiture est à la fin. D’abord, tu lui racontes l’histoire, tu me fais vivre l’expérience. Puis à la fin tu lui présentes la voiture, tu ne mets jamais une voiture au début.”. Ce sont des modèles complètement différents, moi j’étais là : c’est quand qu’on fait le site Web ! Le site Web, c’était la commodité, c’est la fin. Oui tu le fais bien propre, tu racontes une histoire mais le plus important c’est le physique.

Tu dis “omnicanal” en Californie, ils te disent “Pffff (soupir)…”. Eux, pour eux, tu as le virtuel, tu as le physique, tout est connecté, puis tu sais l’expérience elle doit se continuer.

Damien : C’est tout petit au milieu de la grosse bulle, c’est du story-telling.

Nicolas : C’est là que j’ai appris trois expressions, mais c’était : “on fait des choses qui sont logiques + magiques”. La deuxième expression c’était : “en ligne, pas de ligne, hors-ligne”. C’est-à-dire que… ça c’était fou. Et la dernière expression, sur Tesla là, je la traduis, la phrase en français c’est : “l’avenir du virtuel est physique”. Ils répondaient toujours ça. L’omnicanal, ils ont jamais dit “l’omnicanal”. J’ai jamais vu un américain dire “omnicanal”, ça c’était le buzz world qu’on avait au Québec et aussi en France énormément mais ils ne parlent pas de “omnicanal” en Californie. Tu dis “omnicanal” en Californie, ils te disent : “Pffff (soupir)…”. Eux, pour eux, tu as le virtuel, tu as le physique, tout est connecté, puis tu sais l’expérience elle doit se continuer. Ils sont très pragmatiques. Puis c’est le succès peut-être de certaines start-up et certains produits et certaines choses. C’est pour ça qu’ils arrivent à sortir vite parce que déjà ils sortent quelque chose. Ils mettent pas deux ans à sortir un produit, ils le sortent en six mois. Il est mal fait, ils le testent, ils l’améliorent, ils itèrent, ils itèrent, ils itèrent, ils font itérations sur itérations puis ils te le livrent. Puis ça c’est quelque chose, même ici on n’y arrive absolument pas.

Guillaume : Oui il y a un côté un peu artisan, qui fait que les gens ils ont envie de travailler leur truc le mieux possible quoi, avant de le sortir. Même si c’est une première version un peu simple, on aime pas trop faire du sale entre guillemets.

Nicolas : Oui c’est ça tu vois, ils ne mettent pas d’UX dans une boîte, ils ne critiquent pas. Le logique c’est l’UX, le magique c’est l’interface. Logique + magique, le client il veut les deux, vous discutez pas, vous travaillez ensemble. La logique de l’expérience utilisateur, la magie du design visuel, ensemble.

Guillaume : Et du coup dans les profils que vous avez, vous avez quand même les deux profils ?

Nicolas : On a des profils hybrides, ce sont des hybrides qu’on recrute. Vraiment quand je mets un poste de Directeur artistique ou de designer visuel mais je veux quelqu’un qui a déjà un cerveau pour parler avec le UX à l’entrevue. Si la personne elle me parle déjà d’UX, qu’elle est ouverte, comme tu as dit tout à l’heure, elle est ouverte à parler d’UX, « ça m’intéresse de comprendre l’UX », elle gagne des points. Déjà parce qu’elle fait une ouverture. Ce que je veux c’est qu’elle fasse un design visuel de qualité mais si elle a une ouverture pour être avec les UX tant mieux, si à un moment donné le UX est malade, si elle peut le remplacer sur des choses, ça c’est encore mieux ! Mais on va pas pousser la nôtre jusque-là, mais c’est encore mieux.

Guillaume : Et ça vous arrive de faire des projets à plusieurs designers, dans le sens de l’UX et l’interface qui vont travailler ensemble, ou c’est vraiment une personne qui est en charge du projet ?

Nicolas : Non ils sont tout le temps ensemble, comme ça, ils sont tout le temps ensemble. En fait ce qu’on fait c’est qu’on a un îlot que vous allez voir, on a un îlot, on appelle ça “l’îlot de la téléportation” parce que quand on fait un projet, on les assis l’un à côté de l’autre. On a un bureau, on met le poste du DA, le poste de l’UX, ils sont assis tous les deux, ils sont presque l’un contre l’autre sur le siège, puis ils sont côte à côte, tous les deux. Qu’ils s’aiment ou qu’ils s’aiment pas, ils le savent, c’est comme ça qu’on fonctionne pour commencer un projet. Pendant une semaine, c’est comme si on les enfermait dans une salle ensemble. Et puis tu sais ils rient là, ils se mettent côte à côte, ils prennent des cafés, ils prennent des bières, ils mangent ensemble…

Guillaume : C’est vachement bien ça.

Nicolas : Et bien vous allez voir ça, vous allez pouvoir le voir en passant. Je pense qu’ils auront encore, à moins qu’ils les aient démonté, mais ils ont encore ce projet où ils sont sur cette étape là actuellement. Ils sont collés l’un contre l’autre les deux, la fille et le gars et puis il trouve ça très drôle. En plus ils s’appellent Joël et Josiane, on les appelle les deux Joe (rires) ! Ils ont un grand panneau avec marqué “les deux Joe” et puis le travail en dessous sur leur poste.

Guillaume : D’accord, ok. Du coup les combinaisons changent entre les personnes ?

Nicolas : Ça je te dirai c’est la claque que j’ai pris en découvrant la publicité. Moi je ne suis pas un enfant de la pub, quand je suis arrivé chez Lg2 je leur ai dit : “ouais ouais les pubards”. Oui, c’est ce que j’ai appris de la publicité, c’est extraordinaire, c’est leur combinaison et leur duo. C’est souvent ils travaillent comme le DA est le concepteur ensemble puis ils sont teamés pour la vie, entre guillemets.

Moi je connais des duos qui sont là depuis 12 ans ensemble à Montréal, 10 ans. Et c’est quelque chose qu’on a réemprunter à la pub, c’est que sans leur dire (je leur dis jamais mais dans ma tête j’ai des duo), je sais qui fit avec qui et je m’assure dans les calendriers, dans les workflows, de faire travailler souvent les mêmes ensemble. Puis je me dis au bout de six mois : “il faut que tu redistribue les cartes” mais ils ne se rendent pas toujours compte, mais ils font des flows 6-9 mois ensemble et tu sais eux-mêmes ils établissent après des préférences. Puis on crée des duos là : fille/gars, fille/fille, gars/gars. On est très mixte en général mais ça peut arriver peut-être deux gars ou deux filles, mais ce sont des sensibilités différentes.

Mais ce que je vous raconte là c’est très lg2. Si on vous demande sur le marché à Montréal beaucoup vont vous dire : “lg2 en numérique ils tentent beaucoup de choses” parce qu’on tente des choses, parce qu’on est obligé.

Et dans le recrutement aussi, on est un petit peu “fou taré” je le reconnais, c’est que des fois, quand on veut recruter un service conseil, ou un chef de projet, ça peut nous arriver que en dernière entrevue, on l’invite à boire une bière, puis qu’on y aille à 10. Donc on est 10 dans le bar avec lui (rires), du web, et puis on prend une bière, on discute, puis on voit si il dit autant de niaiseries que nous, de conneries. Puis si il dit autant de conneries, qu’on rigole ensemble, si la personne est à l’aise. Parce que tu sais, c’est le côté, toujours chez un employeur, par exemple si elle est à l’aise avec ça, il y en a qui sont à l’aise :”tu veux prendre une bière avec nous ?” ou alors “viens au bureau, viens au bureau on a des jeux”. On joue ensemble, on a des jeux de poche, de jets qu’ils ont mis pour les speakers. Vous avez vu le matin, ils leur font tirer des éléments aux speakers principaux du matin, vous avez pas vu ça ? Il y a des ronds, ils leur font jeter un lancer de nain et nous on a des boules au bureau donc on doit lancer ça dans la machine. Puis tu sais on joue ensemble, on discute, on a un jeu de fléchettes et puis tu sais on est capable d’aller prendre une bière, de se mettre à côté, de discuter juste pour voir comment la personne elle est. Si la personne elle est dans le mood, c’est très bon.

Guillaume : On fait ça aussi un peu nous.

Nicolas : Ouais, c’est bien quand tu es 20, quand tu es 20 tu peux le faire. C’est pour ça que nous, et Alexis le dit souvent (vous le rencontrerez quand vous viendrez au bureau), il dit souvent : “si un jour on dépasse les 50, il va falloir qu’on se pose des questions”. Est-ce que c’est la croissance qui nous fait dépasser les 50 personnes, parce qu’on a eut plein de compte ? Ou est-ce que c’est parce qu’on a trop recruté et qu’on a pas assez réfléchis ?

Guillaume : Oui, c’est ce que nous disait Locomotive, eux ils sont une vingtaine et ils ne veulent pas être plus en fait.

Nicolas : Oui, je connais leur modèle, c’est une très belle agence Loco.

Guillaume : Oui c’était intéressant aussi.

Nicolas : Vous avez rencontré qui a Loco ?

Damien : On a rencontré Jeff et Daniel je crois.

Nicolas : Ils vous ont expliqué leur modèle sur les villes, tous leurs sites qu’ils sont en train de faire, le CMS qu’ils ont développé ?

Guillaume : Oui leur CMS qui s’appelle Charcoal, le truc des villes, ils nous ont fait un petit panorama de leur process de travail de comment ils font.

Nicolas : Ils sont très bons en design, mais c’est cool que vous ayez pu les voir.

Damien : Ouais, nous sommes très contents de les avoir vus

Nicolas : Il y a une fille de l’agence là, une développeur, son chéri il est là-bas.

Guillaume : Et tout à l’heure tu parlais de chef de projet, de service conseil, vous les appeler gestionnaires de projets je crois ?

Nicolas : On les appelle les producteurs, les producers, comme dans les start-ups. Ce sont des producteurs, puis il ne faut pas les confondre avec des producteurs, comme technique. C’est des producteurs parce que pour nous, ils produisent, ils sont au cœur du produit, ils produisent le service, ils produisent beaucoup de choses. Ils sont aussi dans l’idéation, on a sept personnes, sept producteurs et productrices, on a un Directeur du bureau de projet, puis on a jamais, on a toujours refusé d’avoir des Directeurs de compte ou des project managers. On a responsabilisé tous nos producteurs pour être des gens capable de gérer les clients, puis je fais exprès de dire « gérer », parce que justement pour nous tu ne gères pas un client tu l’accompagnes. Puis la notion de gérer, on l’a barré, vous la verrez, elle est sur le mur, on l’a barré genre “tu ne gères pas un client tu l’accompagnes”. Puis tu as un facilitateur. On essaye d’avoir des gens qui sont très à l’aise avec le client, mais on a jamais mis une espèce de Directeur de comptes, chef de projet, une espèce de gradation qu’on connaît beaucoup. On essaye de garder ça très simple.

Le Directeur du bureau de projet, c’est celui qui est en charge de tous les processus. Malheureusement il est à Bali, j’aurais aimé que vous… Alex c’est un de mes bons amis en plus, j’aurais aimé que vous le voyez parce que je donne des cours et c’est avec lui, ça aurait été cool de discuter avec Alex. mais il y aura d’autres personnes qui seront là dans la visite, dans la discussion. Et puis Alex chapotte cette équipe de sept, puis ils ont des comptes attitrés, puis ils sont responsables, ils gèrent à la fois leurs comptes et ils gèrent leurs équipes. Et puis on a, à l’intérieur de ces sept, une personne qui s’est un peu spécialisé dans l’opérationnel, puis qui est un petit peu la personne qui gère le Forecast, d’ailleurs on a un Forecast puis Harvest, ce sont deux outils principaux de gestion, je ne sais pas si vous connaissez, et Trello.

Guillaume : Oui, nous n’utilisons pas ça mais oui.

Nicolas : Ok, on utilise Forecast, Harvest, Trello, on travaille avec ces outils là. Forecast ça permet au moins de voir, en tant que lead, de voir où sont les projets en terme d’escalier, en terme de diagramme. Harvest c’est tout simplement l’endroit où on rentre nos ressources, nos vacances, etc. On calibre ça puis Trello c’est le suivi des projets. Puis ce sont nos trois outils puis on fonctionne comme ça, chacun a accès aux outils, on a Slack, on est sur Slack, on travaille extrêmement sur Slack.

Damien : Un peu inévitable aujourd’hui.

Nicolas : Oui, un peu inévitable, on le quitte à mon grand désespoir. On le quitte dans deux semaines, on s’en va sur Team de Office 365. On merge sur les outils d’Office. À mon grand désarroi, on abandonne Keynote, mais on a eu une présentation et honnêtement on a eu une bonne présentation de la part de Microsoft. Alors qu’on voulait pas y retourner, on était tous des vendus d’Apple (on est tous des Apple fini) et la présentation était excellente. Puis il faut être honnête les outils que Microsoft montre aujourd’hui sur le marché sont de largement de meilleure qualité qu’ils n’étaient avant. Puis ça fait largement ce qu’on voit sur Apple. Moi je suis un Apple fini, au début j’étais vraiment réticent et puis Team, qui est l’outil là, c’est Slack, c’est la même chose, c’est pareil. C’est limite si ils ne se sont pas auto-copié. Puis je suis allé à Austin il y a deux semaines, je me retrouve devant deux start-up qui étaient dans le Trade Show, qui déposaient des pamphlets et là je dis c’est une joke. J’étais avec mon collègue, je dis : “c’est Slack, le même outil, sauf avec un design et un brand différent”. Puis il n’y a pas eu de, il y a personne qui a déposé un brevet là-dessus là, ils se copient tous en fait, donc tu peux utiliser l’un ou l’autre c’est pareil.

Guillaume : Oui il y en a un autre je ne sais plus, qui est un petit peu dédié aux joueurs de jeux vidéo, qui ressemble énormément aussi à Slack c’est impressionnant.

Nicolas : C’est incroyable, c’est fou qu’ils n’aient pas déposé un brevet pour garder ça pour eux, c’est un petit peu surréaliste. Puis ça m’a fait beaucoup rire, donc là on passe chez Office 365. C’est parce que Keynote peux le faire mais Microsoft offre une solution dans le cloud pour collaborer sur PowerPoint, sur les documents etc. Puis PowerPoint, la nouvelle mise à jour qui est excellente pour les présentation, ça faisait complètement du sens pour les outils donc on fait malheureusement ce switch là, mais je ne pense pas que ça va poser de problème. Puis on travaille comme ça niveau collaboratif, on a des canaux différents pour les projets, pour dire des conneries, on a des canaux, comme tout le monde, c’est assez classique. Puis au niveau des choses qu’on fait en interne on fait les Lunch and Learn, on invite du monde de l’extérieur, on fait de la formation entre nous, ça beaucoup…

Guillaume : Dès qu’il y a un truc, une nouvelle techno, un truc ?

Nicolas : Oui, par exemple ce matin j’ai reçu un mail, c’est les gens plus de pub, ils ont envoyé un message en disant : “Expliquez moi…”. C’est les “Expliquez-moi”, ça dure de 9h à 9h30, tout le monde de l’agence est invité et on en fait une fois par semaine. Cette semaine c’est : “Expliquez-moi les publicités sur Facebook”.

Guillaume : Et c’est genre un format ouvert, vient qui veut ?

Nicolas : Oui, il y en a qui sont en charge de présenter, ils sont 2-3 à présenter, puis il y a toute l’agence. C’est déjà arrivé qu’on soit 180 dans le hall sur un “Expliquez-moi l’intelligence artificielle”, il y a un mois et demi. Il y avait tout le monde, tous les VP, le président, tout le monde assis là, c’était comme “Oooh, le bordel !” (rires)

Damien : Vous bossez vachement ce qu’on appelle le profil en T en fait, on est spécialiste de sa branche mais par contre on est très ouvert sur le reste ? J’ai l’impression, avec ce genre de choses, que c’est ce que vous faites ?

Nicolas : Oui énormément. Et bien tu vas voir, quand tu vas voir le carré de sable avec les outils là, l’histoire de la phrase, c’est pollinisation totale là. On pollinise, on se pollinise. Et puis tu vois le rapport hiérarchique est très particulier. Quand tu vois que tu peux aller prendre un verre avec ton président, vous allez le voir, on va essayer de le croiser, il va s’arrêter, il va vous dire salut. Il est jeune, il a 45 ans, il a repris la compagnie, parce que la compagnie a 25 ans d’ancienneté et les associés sont très accessibles, vous allez voir quand vous allez passer au bureau. Les gens sont super cool, il y a du monde qui va se lever pour vous dire bonjour, je le sais, je sais comment sont les gens, ils vont dire : “Bonjour, bienvenu, vous venez d’où, vous faites quoi”, c’est très sympa.

Guillaume : Et du coup chaque ville a ses spécificités par rapport à… Vous êtes présents dans plusieurs villes c’est ça ?

Nicolas : On est à Montréal, Québec et Toronto.

Guillaume : Oui c’est ça, et chaque ville a un petit peu… ?

Nicolas : Oui elles ont des spécificités. À Québec, je vous aurais emmené faire le tour du bureau, il est cool, mais c’est un bureau très très publicitaire pour le gouvernement. Ce sont des comptes très traditionnels. On gère le numérique comme on est pas loin, vous l’avez vu, tout le numérique de Québec, c’est Montréal qui le gère, ça se passe très très bien. On a pas voulu internaliser la pratique de quoi que ce soit ici parce que le bureau n’était pas encore prêt. C’est un bureau qui est très connu dans le monde à Québec, lg2, pour gagner des Lions à Cannes, des grands prix dans le domaine de la publicité, de la création etc. Vous allez dans les bureaux à Québec, je penses que vous voyez le nombre de Lions qu’il y a, ça n’a pas de sens. Ce ne sont que des publicités, ce sont des campagnes de publicité, ce sont des gens du print, du packaging, mais aucune notion de numérique. Toronto par contre, c’est un bureau qui est extrêmement numérique et pub, les deux, comme nous, donc eux ils commencent à internaliser dans la stratégie numérique. Ils ont l’UX, ils ont les DA, ils n’ont pas encore les développeurs. Ils ne font pas encore de développement parce que ça coûte moins cher, donc c’est beaucoup plus rentable de développer à Montréal.

Guillaume : Et oui je sais, c’est déjà terminé ! Nous espérons que cet entretien vous a inspiré autant que nous et nous remercions encore chaleureusement Nicolas Baldovini pour son temps et sa gentillesse.

Merci d’avoir écouté cet épisode de Salut les designers, nous vous donnons rendez-vous dans les mois prochains pour de nouveaux entretiens ! À bientôt !

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