Le web accessible à tous : une utopie ?

L’accessibilité web ne date pas d’hier : la première tentative d’uniformisation au niveau mondial, la Web Accessibility Initiative, a été lancée en 1997 par le W3C.

Et même si on peut constater des progrès depuis presque 15 ans (rappelons-nous de ces magnifiques sites décorés de gif animés… nostalgie quand tu nous tiens), nous sommes encore loin du web accessible à tous.

Depuis les tous débuts de LunaWeb, dans l’accessibilité we trust. Tout d’abord parce-qu’on a souhaité coller au plus près aux standards du W3C, et parce-que rendre nos sites accessibles (dans la mesure de notre marge de manœuvre) ne se limite pas uniquement à l’égalité du web pour tous. Et nous allons vous expliquer pourquoi…

L’accessibilité web, c’est quoi au juste ?

L’accessibilité web consiste à rendre accessible tous les outils, les espaces de lecture et de navigation sur le web : il s’agit donc des sites, des applications, des outils que nous pouvons utiliser dans le grand Internet (et donc sur ordimini ou maxi, sur smartphone, etc.)

Et cela touche tous les acteurs, qu’ils soient acteurs publics ou privés. Le secteur public a des obligations particulières à cet égard depuis 2005, après la publication officielle du référentiel général d’accessibilité pour les administrations (RGAA).

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’accessibilité web ne concerne pas uniquement les personnes handicapées « stricto censu », mais aussi toutes les personnes en situation de handicap, qu’ils soient physiques, moteurs, cognitifs, psychologiques… Il peut aussi s’agir de limitations et de déficiences, notamment visuelles (difficulté à voir les contrastes, hypersensibilité à la lumière, etc.)

Et lorsqu’on y réfléchit, finalement, on peut tous être concerné à un moment donné par ce type de limitation ou de « barrière de compréhension ».

D’ailleurs, le très célèbre Mark Zuckerberg est lui-même atteint de daltonisme. Le bleu étant la couleur qu’il voit le mieux, on comprend pourquoi celle-ci a été choisie pour Facebook (ce qui est quand même moins poétique que la signification que nous donnons à cette couleur en occident : sagesse, rêverie, loyauté, vérité…)

Son application dans la « vraie vie »

C’est bien beau tout ça, mais comment on fait concrètement ?

Tout simplement, c’est rendre ses contenus textuels lisibles par tous, à la fois en travaillant le côté rédactionnel (éviter les pâtés de texte, le scinder en différentes parties, aérer en créant différents paragraphes, etc.) et le côté plus technique (utiliser les bons contrastes – du texte blanc sur fond jaune c’est quand même pas très lisible – ou encore de rendre possible l’augmentation de la taille du texte).

Rendre ses pages web accessibles à tous c’est aussi expliciter les contenus que certains ne pourraient pas voir : ajouter quelques lignes pour décrire une vidéo (ou mieux, ajouter des sous-titres), attribuer un texte alternatif aux images (la fameuse balise « alt »).

Jusque là, l’accessibilité web est loin, justement, d’être inaccessible à tous les détenteurs de sites web : pas besoin d’être bac +12 spécialité « oueb » pour travailler sur la lisibilité de ses pages et expliciter ses contenus (même si un pro du métier apportera forcément son expertise et ses bons conseils dans le domaine).

Mais pour un site vraiment tip top pour tous les internautes, il faudra travailler l’aspect technique de fond en comble, et notamment la structure du site et des pages (tout bien balisé et sémantique comme il faut). Même chose pour la navigation au sein d’une interface, qui peut être pensée pour les internautes ne pouvant se servir que d’un clavier et pas d’une souris.

Pour conclure sur ce sujet

Pour répondre à la question posée tout en haut : l’accessibilité web n’est pas une utopie. Elle est parfois difficile à transposer car elle nécessite de revoir l’organisation des sites de A à Z. Mais globalement, un site bien pensé est un site accessible.

Mais pour bien penser un site, encore faut-il faire appel à des pros du webdesign pour travailler cette phase essentielle de réflexion en amont. Car le web est parsemé d’idées reçues. La raison principale est que nous sommes tous des internautes plus ou moins connectés, et nous nous façonnons nos propres idées (souvent fausses) sur ce que doit être un bon site web.

Et puis, rendre son site web accessible, ce n’est pas juste participer à l’ouverture du web à tous, quelles que soient les barrières de compréhension ou d’utilisation, c’est aussi travailler sur son référencement. Ce n’est bien entendu pas le premier objectif de l’accessibilité web, mais comme le dit Kaelig, notre intégrateur féru d’accessibilité, le premier aveugle du web, c’est Google. Baliser son chemin, son parcours de lecture et lui donner un maximum de matière pour expliciter tous les contenus qui ne sont pas textuels, ne peut être qu’une très bonne chose pour le référencement.

Par Nicolas Le Cam

Nicolas Le Cam
Nicolas Le Cam

À propos de l'auteur

Nicolas a fondé LunaWeb en 2004. Passionné d'ergonomie Web, d'utilisabilité et d'analyse des comportements utilisateurs, il revendique l'Internet fait à la main ; à la mesure des besoins de l'internaute. Grand amateur de café, chineur éclairé sur LeBonCoin, fan de photographie et donc d'Instagram, il passe le plus clair de son temps à faire son métier...