Les sites web sont-ils en voie de disparition ?

Lorsqu’une technologie ou de nouveaux usages émergent, on s’enthousiasme, on s’emballe, on crie à la révolution X.0. Certains s’improvisent même en Madame Irma, car ils ont vu dans leur boule de cristal la fin de la technologie ou des usages précédents.

C’est par exemple le cas papier VS numérique que j’avais évoqué dans un précédent billet. Les usages évoluent certes (on peut envoyer des mails plutôt que des courriers, on peut dématérialiser certains process administratifs, etc.) mais pour autant le papier reste un support intéressant, voire essentiel, pour la lecture ou encore pour organiser ses idées et préparer un projet ; comme nous le faisons d’ailleurs régulièrement.

C’est aussi le cas de l’e-mail ou des blogs, dont on a prédit la fin proche avec l’utilisation massive des réseaux sociaux. Mon humble avis à ce sujet est que ni l’e-mail, ni les blogs ne viendront à disparaitre : les usages se superposent. Mieux encore, optimiste que je suis, je pense que les réseaux sociaux mèneront à plus de qualité et moins de quantité dans ces « vieux » usages.


Par exemple, les outils collaboratifs permettront de ne pas se renvoyer 12 messages pour un même projet parce-qu’on a oublié un élément ou qu’on a eu une nouvelle idée depuis, en centralisant tous les documents, réflexions, deadlines, échanges, etc. sur une même plateforme (je parle de Basecamp, de Codebase ou d’un Wiki, par exemple).
Pour les blogs, des outils comme Twitter permettent de faire le tri dans ceux qui relayent uniquement des infos et qui ne produisent pas de contenus. J’imagine que c’est pour cette raison qu’on constate une baisse dans le nombre de blogs : de la quantité on se dirige sans doute plus vers plus de qualité.

Pour en revenir à nos petits moutons, l’essor du web social pourrait faire croire que le site web « classique », corporate et institutionnel est bientôt « dead ». Ici, on pense que non, et nous allons vous dire pourquoi…

Pourquoi le site web is not dead

Quelques entreprises, encore minoritaires, ont fait le choix de fermer leur site web « corporate » pour se concentrer sur les réseaux sociaux, et plus particulièrement sur Facebook. C’est le cas par exemple de INGO, une agence suédoise, qui a fermé son site web et redirige automatiquement vers sa Page Facebook.

Facebook permet de créer des Pages entreprises, dont peut personnaliser le fond (contenu) et la forme (contenant). Mais ces fonctionnalités restent limitées au cadre imposé par Facebook (telle case à remplir pour le contenu, nombre d’onglets, organisation des pages, etc.)

D’ailleurs, des entrepreneurs du web ont bien compris tout l’intérêt de proposer des services (payants) permettant de personnaliser plus facilement et de façon plus aboutie ces Pages entreprises. C’est le cas par exemple de Tigerlily (cocorico, une entreprise française).

Créer et animer une Page Facebook est sans aucun doute une stratégie intéressante, mais remplacer son site par une Page a de nombreux inconvénients :

  • Je l’écrivais un peu plus haut : ces Pages sont personnalisables mais dans la limite sévère de ce que permet Facebook. Il faut donc « rentrer dans les cases » et s’y restreindre.
  • Le web social et ses usages évoluent sans cesse : comment s’assurer de pouvoir suivre ses évolutions ? Sur Facebook, la dernière mise à jour importante a eu lieu mi-mars et elle n’est pas sans conséquence : le static FBML, qui permettait d’ajouter des modules et des onglets personnalisés a été remplacé par les iFrames. Ce qui techniquement n’est pas la même chose. Les entreprises devront donc revoir leur copie et adapter leurs pages aux nouveaux pré-requis techniques de Facebook.
  • Les décisions prises par Facebook sont unilatérales : en créant une Page, vous disposez gratuitement d’un service, mais vous devez suivre ses règles (qui évoluent). Vous avez certainement entendu parler de la Page de Kiabi, qui a été fermée par le réseau américain, sans discussion préalable.
  • Le web social et ses usages perdureront, mais qu’en est-il de ses outils ? Le principe d’un réseau social à la Facebook aura toujours sa place dans 1, 5 ou 10 ans ; mais qu’en est-il de Facebook lui-même ? Supprimer son site pour une Page Facebook revient à faire un pari assez risqué sur la pérennité de ce service (Oui, je sais, Facebook est valorisé à 70 billions de dollars, mais justelent…).
    Pour exemple, les geeks du web ont eu une peur bleue il y a quelques mois lorsque Yahoo a annoncé la fermeture de son outils de bookmarking social, Delicious (pourtant très utilisé). Yahoo a finalement fait marche arrière, mais la peur de voir fermer des services dont on devient dépendant est bien là !

On pourrait résumer en quelques mots ce que ces quatre points soulèvent : créer une Page Facebook ne vous rend pas pour autant propriétaire de celle-ci. Vous serez donc tributaires des choix imposés par Facebook, de ses règles et de sa durée de vie. A contrario, le site web « classique » vous ouvre des possibilités multiples, dont vous serez responsable et décisionnaire !

Pourquoi le site » 1.0″ is dead

Si je reprend ce que je disais tout en haut, les usages du web social ne vont pas remplacer nos bons vieux outils (papier, mail, blog), ils vont les rendre meilleurs (oui c’est beau, je sais). En d’autres mots, leur utilisation est revue, optimisée et adaptée aux nouveaux usages de notre temps.

Monsieur, le site 1.0 is dead… Je, je suis désolé.

Pour le site web à la papa, c’est pareil. Quand je parle de site « 1.0 », je parle des bonnes veilles techniques de com’ unilatérales, de sites mal foutus ou tout simplement de sites à peu près jolis, mais très lourds (à charger et à digérer, avec une page d’accueil en une image avec des animations en veux-tu en voilà).

Les bons sites d’aujourd’hui sont globalement plus clairs, aérés, ergonomiques et intuitifs : nous allons vers plus de minimalisme dans le contenant, plus de qualité éditoriale, mais aussi vers plus de fonctionnalités à disposition des internautes.
Ces fonctionnalités regroupent grosso-modo les interactions avec les internautes (recueillir leur avis, ouvrir un espace d’échanges) et la possibilité pour eux d’arriver rapidement à ce qu’ils recherchent (trouver, acheter, essayer). Car —à l’heure du 2.0 et du temps réel— les internautes sont de plus en plus impatients !

Le site 1.0 est dead car il est de moins en moins adapté pour le référencement. Il est par définition statique alors que les moteurs comme Google a-do-rent le mouvement, la création de contenus et surtout du texte et des balises à exploiter pour ses petits robots indexeurs (alors que le bon vieux site ne lui donne que du contenu difficile voire impossible à analyser, comme les images ou les animations en tout genre).

Et puis, le site 1.0 passe à côté des opportunités du web social en termes de business : les techniques de ventes et de captation de nouveaux contacts sont aujourd’hui bouleversées par les outils du web social. On peut toucher différemment et plus facilement de nouvelles cibles, on peut collecter des informations qualifiées à plus grande échelle, et on peut concrétiser un acte d’achat plus rapidement que par la voie traditionnelle (VPC, magasins, etc.)

Pour finir sur ce sujet, les réseaux sociaux viennent compléter les sites web, et non pas les remplacer comme le prévoient certains. L’essentiel étant de bien définir sa stratégie sur chacun des supports qu’on a choisi : sur Facebook, on peut parler de soi, sur Twitter, diffuser du contenu, et sur son site mettre en avant son expertise métier.

Alors pourquoi se limiter à une seule solution (une Page plutôt qu’un site) alors que l’éventail des possibilités est multiple, et surtout cumulables ?
Car comme le disais ma mémé (ha non, on me souffle à l’oreille que c’est André Gide) « choisir c’est renoncer »… Ne renoncez pas, cumulez !

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Agence LunaWeb,
concepteurs d’expériences web.

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